Tout sur la Saga Conjuring : Les 10 Films Classés du Pire au Meilleur
Introduction : La Franchise d'Horreur la Plus Lucrative de l'Histoire
En juillet 2013, un film d'horreur au budget modeste de 20 millions de dollars sort dans les salles américaines sans prétention particulière au-delà de faire frissonner ses spectateurs pendant deux heures. Douze ans plus tard, Conjuring : Les Dossiers Warren aura engendré l'une des franchises cinématographiques les plus rentables jamais construites, tous genres confondus — et la franchise d'horreur la plus lucrative de l'histoire du cinéma, avec plus de 2,5 milliards de dollars de recettes cumulées pour dix films.
Le Conjuring Universe — comme les fans et la presse l'ont baptisé, en miroir du Marvel Cinematic Universe — est une construction éditoriale ambitieuse : une série de films interconnectés partageant une mythologie commune, des personnages récurrents et une chronologie narrative cohérente, le tout autour des enquêtes réelles des démonologues Ed et Lorraine Warren. Autour des films principaux de la série Conjuring, Warner Bros. a développé trois spin-offs Annabelle, deux films sur La Nonne, et plusieurs autres dérivés.
Le bilan est vertigineux : 10 films en 12 ans, tous rentables, certains exceptionnels, d'autres décevants — et un dernier opus sorti en septembre 2025 qui a écrasé le box-office mondial. La franchise a officiellement conclu sa "Phase 1" avec Conjuring : L'Heure du Jugement (2025), avant de se poursuivre sous forme de série HBO.
Mais tous les films de ce Conjuring Universe ne se valent pas. Loin de là. Entre le chef-d'œuvre de James Wan et certains spin-offs franchement anémiques, l'écart de qualité est abyssal. Cet article vous propose le classement complet et argumenté des dix films, du pire au meilleur — avec l'histoire complète de la franchise, ses thèmes, ses réalisateurs, et tout ce qu'il faut savoir pour vous lancer dans un marathon ConjuringVerse.
Carte d'Identité de la Franchise
Avant le classement, voici les données essentielles de chaque film.
Film | Année | Réalisateur | Budget | Box-Office Mondial |
|---|---|---|---|---|
Conjuring : Les Dossiers Warren | 2013 | James Wan | 20 M$ | 320 M$ |
Annabelle | 2014 | John R. Leonetti | 6,5 M$ | 257 M$ |
Conjuring 2 : Le Cas Enfield | 2016 | James Wan | 40 M$ | 320 M$ |
Annabelle 2 : La Création du Mal | 2017 | David F. Sandberg | 15 M$ | 306 M$ |
La Nonne | 2018 | Corin Hardy | 22 M$ | 365 M$ |
La Malédiction de la Dame Blanche | 2019 | Michael Chaves | 9 M$ | 122 M$ |
Annabelle : La Maison du Mal | 2019 | Gary Dauberman | 27 M$ | 231 M$ |
Conjuring 3 : Sous l'Emprise du Diable | 2021 | Michael Chaves | 39 M$ | 202 M$ |
La Nonne 2 | 2023 | Michael Chaves | 30 M$ | 270 M$ |
Conjuring : L'Heure du Jugement | 2025 | Michael Chaves | 55 M$ | 460 M$+ |
Total franchise : 2,5+ milliards de dollars
I. Comprendre l'Univers Conjuring Avant de le Juger
Les Warrens : fait réel et fiction cinématographique
La saga Conjuring se distingue de la quasi-totalité des franchises d'horreur par un point essentiel : ses deux personnages centraux, Ed et Lorraine Warren, ont réellement existé. Ed Warren (1926-2006), ancien officier de marine reconverti en peintre et démonologue autodidacte, et son épouse Lorraine (1927-2019), présentée comme médium et clairvoyante, ont fondé en 1952 la Nouvelle Société d'Investigation Paranormale d'Angleterre, devenant les enquêteurs paranormaux les plus célèbres des États-Unis.
Parmi leurs "affaires" les plus connues figurent la maison Perron du Rhode Island (qui inspira le premier Conjuring), la maison d'Enfield au nord de Londres (qui inspira Conjuring 2), et bien sûr la poupée Annabelle — une simple poupée Raggedy Ann que les Warren ont récupérée et placée dans leur musée de l'occulte, persuadés qu'elle était habitée par un esprit maléfique.
La réalité de ces "affaires" est naturellement sujette à caution. Les Warren ont toujours opéré dans une zone grise entre enquête sérieuse, crédulité sincère et, pour certains sceptiques, charlatanisme médiatisé. Plusieurs familles qu'ils ont "aidées" ont depuis rétracté leurs témoignages. Mais la mythologie qui entoure ces deux personnages — et la façon dont James Wan les a portés à l'écran — est cinématographiquement irrésistible.
La mécanique de l'univers
La construction du Conjuring Universe suit une logique éditoriale claire : le film principal installe un monde, introduit un monstre ou une entité secondaire, et cette entité génère son propre film spin-off qui explore ses origines. Ce modèle, directement inspiré du MCU, permet de multiplier les entrées dans l'univers sans diluer les films principaux.
Ainsi, Annabelle apparaît brièvement dans le premier Conjuring et génère trois films. Valak, la nonne démoniaque, apparaît dans Conjuring 2 et génère deux films. La Llorona tease dans Annabelle 3 et obtient son propre film. Chaque spin-off, qu'il soit réussi ou non, enrichit la mythologie globale et maintient le public en haleine entre deux films principaux.
La saga principale Conjuring (les quatre films centrés sur Ed et Lorraine Warren) est invariablement la colonne vertébrale de la franchise — celle qui justifie tout le reste et qui offre les films les plus aboutis. Les spin-offs, en revanche, sont d'une qualité très inégale.
Classement du Pire au Meilleur
🔟 10e place — La Malédiction de la Dame Blanche (2019) ★½
Réalisateur : Michael Chaves Budget : 9 millions de dollars Box-office : 122 millions de dollars (le plus faible de la franchise)
Pourquoi c'est le pire
La Malédiction de la Dame Blanche (The Curse of La Llorona) est le mouton noir de la franchise — le film qui ne devrait peut-être pas en faire partie. Basé sur la légende mexicaine de La Llorona (une femme qui a noyé ses enfants et dont le spectre pleure et tue depuis pour les retrouver), il était au départ prévu comme un film d'horreur indépendant sans lien narratif avec le Conjuring Universe.
C'est le personnage du Père Perez, déjà apparu dans Annabelle (2014), glissé dans le film au dernier moment, qui a créé le lien artificiel avec la franchise. Ce raccordement tardif se ressent dans chaque scène : le film n'a pas la cohérence thématique des autres opus, il ne s'intègre pas naturellement dans la chronologie, et il n'enrichit en rien la mythologie globale.
Sur le plan cinématographique, le résultat est décevant malgré quelques idées visuelles intéressantes. Les personnages sont des archétypes creux sans développement psychologique. Les jump scares sont mécanique et prévisibles. La menace elle-même — pourtant ancrée dans un folklore riche et légitime — n'est jamais exploitée avec la profondeur qu'elle mériterait.
C'est aussi le seul film de la franchise dont le box-office (122 millions de dollars) reflète une relative indifférence du public. En comparaison de tous les autres opus, dont aucun n'a rapporté moins de 200 millions, c'est un échec relatif.
Michael Chaves, à ses débuts ici, ne peut pas encore exprimer les qualités qui feront de lui un artisan efficace sur les opus suivants. Le film ressemble à une commande pressée, tournée rapidement pour densifier le calendrier de sorties de la franchise.
Pour qui ?
Uniquement pour les complétistes qui veulent voir l'intégralité du Conjuring Universe. Même eux pourront sauter ce film sans rien manquer.
9️⃣ 9e place — Annabelle (2014) ★½
Réalisateur : John R. Leonetti Budget : 6,5 millions de dollars Box-office : 257 millions de dollars
Pourquoi c'est (presque) le pire
Annabelle est le film qui a failli tuer la franchise dans l'œuf — et la preuve que le succès commercial et la qualité artistique sont deux dimensions totalement indépendantes. Avec 257 millions de dollars de recettes pour un budget de 6,5 millions, il est l'un des films les plus rentables proportionnellement de l'histoire de Warner Bros. Et pourtant, avec une moyenne de 2,1 sur 5 sur AlloCiné, il est aussi le film le plus mal noté de toute la franchise par les spectateurs.
La genèse du film illustre bien le problème : Warner Bros., voyant le succès fulgurant du premier Conjuring, veut capitaliser rapidement sur l'un de ses personnages les plus marquants — la poupée Annabelle, qui n'apparaissait que dans la scène d'ouverture du film de Wan. La production est précipitée. John R. Leonetti, chef opérateur de James Wan sur plusieurs films, est propulsé réalisateur sans grande expérience de mise en scène.
Le résultat est un film d'horreur générique, dépourvu de la maîtrise formelle qui caractérisait l'original. Le couple central (Annabelle Wallis et Ward Horton) ne génère aucune empathie. La mise en scène est plate, fonctionnelle, sans idée. Les jump scares arrivent exactement quand on les attend, après les silences exactement calibrés pour les précéder. La poupée elle-même — qui dans le premier Conjuring bénéficiait de la rareté de ses apparitions — est ici surexposée jusqu'à en perdre tout mystère.
La grande ironie de cet Annabelle est qu'il a quand même tellement rapporté d'argent que la franchise a pu se permettre d'investir davantage dans ses opus suivants. En ce sens, son succès commercial a directement financé l'excellence d'Annabelle 2 et de Conjuring 2.
Pour qui ?
Pour les fans de poupées maléfiques et les collectionneurs de curiosités horrifiques. Tout le monde peut honnêtement se dispenser de ce premier Annabelle et regarder directement la préquelle Annabelle 2 : La Création du Mal, qui est infiniment supérieure.
8️⃣ 8e place — La Nonne (2018) ★★
Réalisateur : Corin Hardy Budget : 22 millions de dollars Box-office : 365 millions de dollars (record de la franchise jusqu'en 2025)
L'insupportable paradoxe du film le plus rentable de la franchise
La Nonne est le paradoxe incarné du Conjuring Universe : le film le plus rentable de toute la franchise jusqu'à l'arrivée de Conjuring 4 en 2025, et l'un des moins bien reçus par la critique et par les amateurs exigeants du genre. Comment est-ce possible ?
La réponse est dans la question elle-même. Valak, la nonne démoniaque, était dans Conjuring 2 une figure terrifiante précisément parce qu'on l'entreapercevait — un visage de cire dans un tableau sombre, une silhouette au bout d'un couloir, une présence qui n'avait pas encore de corps totalement défini. En lui consacrant un film entier, en passant deux heures avec elle dans une abbaye roumaine, La Nonne détruit par surexposition ce que Conjuring 2 avait construit par économie.
Corin Hardy réalise un film techniquement convenable. L'atmosphère gothique est réelle — les décors de l'abbaye, la brume des Carpates, la photographie sombre et ambrée. Les deux acteurs principaux, Taissa Farmiga et Demián Bichir, font de leur mieux avec un matériau scénaristique décevant. Mais la formule du Conjuring-verse commence ici à sérieusement tourner en rond.
Le problème fondamental est narratif : le film doit raconter les origines de Valak sans jamais vraiment répondre à ses propres questions. D'où vient-elle vraiment ? Pourquoi choisit-elle cette abbaye, puis les Warren ? Le scénario enchaîne les scènes de frayeur sans construire de vraie tension dramatique. Chaque personnage est défini par sa fonction dans l'intrigue plutôt que par une psychologie propre.
Et pourtant — 365 millions de dollars. Le public est venu en masse, attiré par la figure iconique de Valak et par la promesse d'explorer les origines de la créature la plus mémorable de la franchise. Ce succès commercial prouve que la franchise avait créé quelque chose de plus fort qu'un simple film : une mythologie, une imagerie partagée qui dépasse la qualité individuelle de chaque œuvre.
Pour qui ?
Pour les fans inconditionnels de Valak et pour ceux qui souhaitent comprendre les origines du Conjuring Universe. Attendez-vous à être divertis sans être profondément terrorisés.
7️⃣ 7e place — Annabelle : La Maison du Mal (2019) ★★½
Réalisateur : Gary Dauberman Budget : 27 millions de dollars Box-office : 231 millions de dollars
Une nuit dans le musée des Warren
Annabelle : La Maison du Mal (Annabelle Comes Home) est une œuvre à part dans le Conjuring Universe : c'est le seul film qui ne soit pas centré sur une seule entité mais qui fonctionne comme un "greatest hits" des monstres de la franchise — une nuit de chaos dans laquelle Judy Warren (McKenna Grace), leur baby-sitter et une amie imprudente libèrent simultanément plusieurs créatures du musée de l'occulte des parents.
Le résultat est plus plaisant qu'on aurait pu le craindre. Gary Dauberman, scénariste attitré de la franchise et auteur notamment du script de Ça, connaît parfaitement les codes du genre et livre ici quelque chose de plus léger, plus fun — presque un film d'horreur pour ados amateurs du genre — sans trahir l'univers établi.
Ce qui fonctionne : la performance touchante de McKenna Grace en Judy Warren, enfant qui porte le poids de l'héritage paranormal de ses parents avec une maturité poignante. Le film lui donne une vraie psychologie, une vraie blessure (ses camarades d'école l'évitent par peur de la "contagion" de sa famille), et une vraie arc narrative.
Ce qui fonctionne moins : l'accumulation des menaces finit par diluer la tension. Quand un film propose cinq ou six créatures différentes en une nuit, chacune d'elles perd en impact. La Nonne, le loup-garou, l'esprit de la mariée, la montre maléfique — tout cela est amusant, mais rarement réellement terrifiant. Le film est le plus "blockbuster" de la franchise au mauvais sens du terme : il privilégie la quantité sur la qualité de la peur.
Néanmoins, Annabelle 3 possède une chaleur humaine que beaucoup d'autres spin-offs n'ont pas — et cela le sauve d'un jugement plus sévère.
Pour qui ?
Pour les fans de la franchise qui veulent une nuit de divertissement horrifique légère, et pour ceux qui s'attachent au personnage de Judy Warren.
6️⃣ 6e place — La Nonne 2 (2023) ★★★
Réalisateur : Michael Chaves Budget : 30 millions de dollars Box-office : 270 millions de dollars
La revanche : Valak enfin menaçante
La Nonne 2 est la preuve qu'un réalisateur peut apprendre de ses erreurs — et qu'un univers cinématographique peut se corriger en cours de route. Michael Chaves, qui avait livré le peu inspiré La Malédiction de la Dame Blanche en 2019, offre ici un film considérablement supérieur à son prédécesseur direct.
Situé en 1956 dans la Provence française, le film voit Sœur Irene (Taissa Farmiga, bien plus assurée qu'en 2018) confrontée à nouveau à Valak, qui cherche à récupérer une relique sacrée lui permettant d'augmenter son pouvoir. La nouveauté thématique — l'investigation de type policier, la France des années 1950 comme cadre — donne au film une fraîcheur bienvenue.
Ce qui distingue La Nonne 2 de son prédécesseur, c'est une meilleure gestion de l'économie des apparitions de Valak. Chaves a appris la leçon : il ne montre pas trop. La scène dans le grenier transformé en entrepôt de journaux, où Valak surgit progressivement des images de la Nonne dans les revues, est une séquence genuinement inventive — l'une des meilleures de la franchise depuis longtemps.
Le film bénéficie aussi d'une thématique plus consistante sur la foi et le doute, et d'un personnage secondaire plus développé : Sœur Debra (Storm Reid), novice hantée par ses propres questions, donne à Irene un contrepoint émotionnel réel.
Les limites sont celles de la franchise elle-même : un troisième acte qui monte trop vite dans les effets spectaculaires, des personnages secondaires sacrifiés, un sentiment de déjà-vu inhérent à toute suite.
Pour qui ?
Pour ceux qui ont été déçus par La Nonne originale et veulent lui donner une seconde chance. La Nonne 2 est un film d'horreur respectable, qui confirme que Chaves progresse comme réalisateur.
5️⃣ 5e place — Conjuring 3 : Sous l'Emprise du Diable (2021) ★★★
Réalisateur : Michael Chaves Budget : 39 millions de dollars Box-office : 202 millions de dollars
Le procès de la possession : une belle ambition partiellement tenue
Conjuring 3 : Sous l'Emprise du Diable (The Conjuring: The Devil Made Me Do It) représente une prise de risque courageuse dans la saga. Pour la première fois, James Wan cède la réalisation d'un film Conjuring principal à un autre réalisateur — Michael Chaves — et le scénario ose sortir du format classique de la maison hantée.
L'affaire Arne Cheyenne Johnson (1981) est l'une des plus fascinantes des dossiers Warren réels : premier procès dans l'histoire américaine où la défense a plaidé la possession démoniaque pour exonérer son client d'un meurtre. Arne Johnson avait tué son propriétaire après une session d'exorcisme sur un enfant de la famille, au cours de laquelle il aurait "invité" le démon à passer en lui. Les Warren ont témoigné à ce procès. L'argument n'a pas convaincu le jury — Johnson a été condamné — mais l'affaire reste l'une des plus étranges jamais portées devant un tribunal américain.
Ce matériau est extraordinairement riche, et Conjuring 3 exploite efficacement la dimension thriller criminel de l'enquête. Pour la première fois, les Warren sortent de la maison hantée et enquêtent sur le terrain — dans des bois, dans des maisons ordinaires, dans des archives. Cette mobilité donne au film une énergie différente et bienvenue.
Ce qui déçoit : le film peine à maintenir l'intensité atmosphérique des deux premiers opus de James Wan. Les scènes de terreur, bien que techniquement compétentes, n'atteignent pas les sommets du Crooked Man ou de la peinture de Conjuring 2. Le vrai antagoniste humain — une sorcière qui orchestre les possessions — n'est pas aussi développé qu'espéré.
Patrick Wilson et Vera Farmiga sont, comme toujours, irréprochables. Leur alchimie à l'écran continue de fonctionner comme le cœur battant de la franchise — et cette fois-ci, le film prend davantage le temps de montrer leur tendresse et leur amour au quotidien, ce qui est un ajout précieux.
Pour qui ?
Pour les fans de la saga qui apprécieront la prise de risque et le format renouvelé, même si le résultat final est en deçà des deux premiers volets.
4️⃣ 4e place — Annabelle 2 : La Création du Mal (2017) ★★★½
Réalisateur : David F. Sandberg Budget : 15 millions de dollars Box-office : 306 millions de dollars
La revanche d'Annabelle : comment on ressuscite une franchise
Annabelle 2 : La Création du Mal est l'un des cas les plus intéressants de la franchise : une préquelle d'un film médiocre qui parvient à être infiniment supérieure à ce qu'elle est censée expliquer. Après le désastre du premier Annabelle, Warner Bros. a pris le temps de trouver le bon réalisateur et de développer un vrai scénario — et cela se voit à chaque plan.
David F. Sandberg, révélé par son court métrage Lights Out puis par le long métrage du même nom, amène dans Annabelle 2 une maîtrise de l'atmosphère et de la construction de la tension qui manquait cruellement au premier opus. En 1955, dans une maison isolée, un fabricant de poupées et sa femme accueillent une bonne sœur et de jeunes orphelines après la mort tragique de leur fille Annabelle. Mais quelque chose rôde dans la maison depuis cette mort.
La grande réussite de Sandberg est d'avoir fait de la maison elle-même un personnage. Ses couloirs, ses recoins, ses escaliers, ses placards — chaque espace est investi d'une menace potentielle, et Sandberg les explore avec une caméra qui suggère sans dévoiler. La scène du monte-charge — où une petite fille handicapée se retrouve bloquée dans un couloir avec quelque chose qui approche — est un modèle du genre pour la construction de la tension par le jeu sur l'espace et le temps.
Le film bénéficie également de performances touchantes de ses jeunes actrices, et notamment de Talitha Bateman dans le rôle de Janice — un personnage dont le destin tragique donne au film une vraie résonance émotionnelle. En faisant de la poupée une tragédie d'une enfant avant d'en faire un objet de terreur, Sandberg humanise la mythologie d'Annabelle et lui donne une profondeur que le premier film n'avait jamais cherchée.
Anecdote de production : Sandberg a tourné ce film avec un budget de 15 millions de dollars — deux fois plus que le premier Annabelle — et a récolté 306 millions, pour un ratio encore plus spectaculaire. Son efficacité a été remarquée : il réalisera ensuite Shazam! pour DC, confirmant qu'Annabelle 2 était déjà l'œuvre d'un cinéaste de talent.
Pour qui ?
Pour tous ceux qui ont été déçus par le premier Annabelle et veulent donner une seconde chance à la saga de la poupée. C'est ici, dans ce film, que la mythologie d'Annabelle prend enfin tout son sens.
3️⃣ 3e place — Conjuring : L'Heure du Jugement (2025) ★★★★
Réalisateur : Michael Chaves Budget : 55 millions de dollars (le plus élevé de la franchise) Box-office : 460+ millions de dollars (record absolu de la franchise)
La conclusion digne d'une saga
Conjuring : L'Heure du Jugement est la conclusion officielle de la Phase 1 du Conjuring Universe — et c'est, à bien des égards, la conclusion que la saga méritait. Michael Chaves, après trois films mitigés dans la franchise (La Malédiction de la Dame Blanche, Conjuring 3, La Nonne 2), livre ici sa meilleure mise en scène, la plus maîtrisée, la plus émotionnellement cohérente.
Basé sur l'affaire Smurl — une famille de la Pennsylvanie qui aurait été harcelée par plusieurs démons dans les années 1980 — le film réunit pour la dernière fois Patrick Wilson et Vera Farmiga dans les rôles d'Ed et Lorraine Warren. Ce sont eux, avant tout, qui font fonctionner ce film : leur alchimie à l'écran, mûrie sur quatre films et douze ans, atteint ici une profondeur et une tendresse rares dans le cinéma de genre.
Chaves semble avoir parfaitement compris que la conclusion d'une saga populaire doit d'abord honorer ses personnages avant de satisfaire les amateurs de frayeurs. L'Heure du Jugement prend le temps de montrer les Warren vieillissants — usés mais pas brisés, hantés mais pas vaincus — et leur donne une véritable arc narrative de conclusion plutôt qu'un simple prétexte à nouvelles confrontations surnaturelles.
Le film intègre habilement la fille des Warren, Judy (Mia Tomlinson), et son petit ami (Ben Hardy), ajoutant une dimension générationnelle bienvenue : la peur se transmet, l'héritage des Warren pèse sur leurs proches, et la question de savoir si l'on peut se battre contre le surnaturel sans y laisser sa santé mentale et physique est enfin posée frontalement.
Les scènes de terreur sont au niveau attendu pour un budget de 55 millions de dollars — le plus élevé de toute la franchise — et le climax, amplifié par une bande originale plus ambitieuse que d'habitude, est une véritable réussite de mise en scène. Le film a réalisé le 3e meilleur démarrage de l'histoire pour un film d'horreur aux États-Unis (83 millions le week-end d'ouverture), et son box-office mondial de 460+ millions en fait le plus grand succès de la franchise.
La limite
Certains critiques y ont vu une répétition de formule — et ils n'ont pas tort. L'Heure du Jugement n'innove pas fondamentalement. Il perfectionne plutôt qu'il n'invente. Mais dans le contexte d'une conclusion de franchise, cette fidélité aux codes établis est aussi une marque de respect envers le public fidèle depuis douze ans.
Pour qui ?
Pour tous les fans de la saga depuis le début, et en particulier pour ceux qui se sont attachés au couple Warren. Une conclusion émouvante et efficace.
2️⃣ 2e place — Conjuring : Les Dossiers Warren (2013) ★★★★½
Réalisateur : James Wan Budget : 20 millions de dollars Box-office : 320 millions de dollars
L'origine : comment James Wan a tout changé
Le film originel. Celui qui a tout déclenché. En juillet 2013, Conjuring : Les Dossiers Warren ne sort pas avec les honneurs d'un film d'auteur — il sort comme un film d'horreur estival de studio. Et il stupéfie tout le monde : la critique, le public, et l'industrie elle-même.
James Wan, co-créateur de Saw et réalisateur d'Insidious, arrive ici à maturité totale. Il a trouvé le langage parfait pour un cinéma d'horreur qui refuserait à la fois la complaisance du torture porn et l'irritante agitation des found footage. Son langage est celui de la tradition classique — la maison hantée, la famille en danger, le couple d'enquêteurs — mais exécuté avec une précision mécanique et un sens du rythme qui n'ont pas d'équivalent dans le genre contemporain.
L'affaire qu'il met en scène est celle des Perron : une famille du Rhode Island qui emménage en 1971 dans une ancienne ferme isolée et devient rapidement la cible d'une présence malveillante liée à l'histoire sanglante de la propriété. Les parents Warren (Patrick Wilson et Vera Farmiga, irréprochables dès cette première apparition) sont appelés en urgence pour enquêter et exorciser.
La maîtrise formelle de James Wan
Ce qui distingue le premier Conjuring de presque tout ce qui l'a précédé dans le genre au XXIe siècle, c'est la rigueur avec laquelle Wan construit chaque scène. Il refuse le jump scare facile — ou plutôt, il le mérite à chaque fois, en construisant patiemment une tension qui justifie le choc quand il arrive.
La scène du jeu de cache-cache — dans laquelle Lorraine Warren joue avec les enfants Perron à une version du jeu où l'on cherche un objet les yeux bandés — est un modèle de construction progressive de la terreur. La caméra sait exactement quand se rapprocher, quand s'éloigner, quand laisser le silence s'étirer. Et quand la chose que personne n'a vu pendant toute la scène se révèle enfin, le choc est total.
L'autre grand atout du film est sa dimension émotionnelle. Wan prenait soin dès le départ de faire de ses personnages des êtres humains complets, avant d'en faire des proies ou des chasseurs. La famille Perron — la mère Carolyn (Lili Taylor), le père Roger (Ron Livingston), les cinq filles — est présentée avec une chaleur et une affection qui rendent leur descente aux enfers véritablement douloureuse.
Le legs du premier Conjuring
Le premier Conjuring a produit sur le cinéma d'horreur un effet comparable à ce que Psycho a fait en 1960 ou L'Exorciste en 1973 : il a repositionné le genre comme un espace légitime pour des émotions profondes et une mise en scène soignée. Il a ouvert la voie à Ari Aster, à Mike Flanagan, à une génération entière de cinéastes qui ont vu dans ce film la preuve que l'horreur pouvait être à la fois populaire et exigeante.
Pour qui ?
Pour tout le monde. Le premier Conjuring est l'entrée idéale dans la franchise — et un des meilleurs films d'horreur des années 2010, toutes franchises confondues.
🥇 1e place — Conjuring 2 : Le Cas Enfield (2016) ★★★★★
Réalisateur : James Wan Budget : 40 millions de dollars Box-office : 320 millions de dollars Note spectateurs AlloCiné : 4,1/5 (le plus haut de toute la franchise)
Le chef-d'œuvre : James Wan à son apogée
Conjuring 2 : Le Cas Enfield est le meilleur film de la franchise — peut-être le meilleur film d'horreur de James Wan — et l'une des œuvres les plus abouties du cinéma d'horreur contemporain. Il est aussi le film le mieux noté de la franchise par les spectateurs, avec une moyenne de 4,1 sur 5 sur AlloCiné. C'est un double accomplissement rare : la critique et le public s'accordent.
L'affaire d'Enfield (1977-1978) est l'une des plus célèbres de l'histoire du paranormal britannique. Dans une maison ordinaire du nord de Londres, Peggy Hodgson et ses quatre enfants ont prétendu être harcelés pendant des mois par une présence malveillante — meubles déplacés, objets projetés à travers les pièces, et surtout la jeune Janet, 11 ans, qui semblait parler d'une voix grave et menaçante en état de transe. Les Warren ont fait le voyage depuis les États-Unis pour enquêter. Wan filme cette histoire avec une ambition et un raffinement qui dépassent tout ce que le genre a offert depuis des années.
La scène de la peinture : un sommet absolu
Si Conjuring 2 devait se résumer à une seule scène, ce serait celle de la peinture. Lorraine Warren, seule dans son bureau, fait face à une toile qu'elle a peinte — le portrait de Valak, la nonne démoniaque qui la hante depuis des mois. Elle se lève pour recouvrir la toile d'un tissu. Et dans la seconde suivante, quelque chose sort de la peinture dans la pièce réelle.
La façon dont Wan filme cette séquence — la caméra qui tourne autour de Lorraine, le temps qui s'étire, le passage de la peinture à la réalité sans que jamais on puisse dire exactement où l'une finit et l'autre commence — est d'une sophistication formelle rare dans le cinéma de genre. C'est de la mise en scène pure, sans dialogue, sans musique autre que le score de Joseph Bishara qui monte progressivement, sans aucun trucage numérique grossier. Et c'est insoutenable.
Le Crooked Man : génie de la suggestion
Conjuring 2 introduit aussi l'une des créatures les plus mémorables de toute la franchise : le Crooked Man, l'homme tordu — une entité dont la morphologie impossible (inspirée du personnage de la comptine anglaise "There Was a Crooked Man") permet à Wan de filmer une progression dans l'espace totalement contre-naturelle. La scène dans la chambre de la petite fille, où le Crooked Man surgit d'une lampe de nuit et parcourt la pièce d'une démarche impossible, est un cauchemar visuel parfait.
Vera Farmiga et Patrick Wilson : l'amour comme bouclier
La grande différence entre Conjuring 2 et les autres films de la franchise, c'est ce que James Wan fait de ses deux protagonistes. Ici, Ed et Lorraine Warren ne sont pas simplement des enquêteurs du paranormal — ce sont deux êtres humains qui s'aiment profondément, et dont l'amour est présenté comme la seule protection réelle contre le mal qui les assiège.
La scène où Ed chante "Can't Help Falling in Love" à la guitare dans le salon des Hodgson, avec les enfants et Lorraine qui regardent et sourient, est l'une des plus belles du film. Elle est aussi, dans la logique narrative de Wan, une scène de terreur différée : parce que nous savons, comme Lorraine sait, que quelque chose cherche à briser ce moment de grâce. La douceur rend la menace d'autant plus insupportable.
Cette dimension romantique au cœur d'un film d'horreur — l'idée que l'amour conjugal est à la fois une vulnérabilité et une armure — est la marque de fabrique de James Wan et ce qui distingue son cinéma de la masse du genre.
La construction narrative : deux films en un
Conjuring 2 est aussi, structurellement, un film plus ambitieux que son prédécesseur. Wan tisse ensemble deux histoires parallèles — l'affaire d'Enfield elle-même et la crise de foi de Lorraine Warren qui doute de leur mission et de ses propres visions — avec une habileté narrative qui maintient la tension à deux niveaux simultanément. L'horreur surnaturelle et l'horreur psychologique s'alimentent mutuellement.
Le film dure 2h14 — long pour un film d'horreur — et chaque minute est justifiée. Pas un seul temps mort. Une progression millimétrique de la tension jusqu'à un climax qui récapitule tous les thèmes du film en quelques minutes d'une efficacité totale.
Pour qui ?
Pour tous. Conjuring 2 est le film à voir si vous n'en voyez qu'un de la franchise. Il est aussi le seul de la série qui, vu des années après sa sortie, n'a pas pris une ride — et continue de provoquer, chez ceux qui le découvrent, le même sentiment de sidération que le jour de sa sortie.
II. Les Réalisateurs de la Franchise : Portrait Comparatif
James Wan — Le Père Fondateur
Films : Conjuring 1 (2013), Conjuring 2 (2016)
James Wan est la figure tutélaire de toute la franchise. Co-créateur de Saw et d'Insidious, il est l'architecte de l'univers Conjuring, non seulement comme réalisateur des deux films principaux mais aussi comme producteur de l'ensemble du Conjuring Universe.
Ce qui distingue Wan des autres cinéastes d'horreur de sa génération, c'est une double maîtrise : la technique — son sens du cadre, de la lumière, du montage, de la musique — et le sentimental — sa capacité à créer des personnages auxquels on s'attache avant que l'horreur ne les frappe. Cette combinaison est rare, et c'est ce qui fait que ses films Conjuring restent au sommet de la franchise douze ans après leur sortie.
Michael Chaves — L'Artisan de la Continuité
Films : La Malédiction de la Dame Blanche (2019), Conjuring 3 (2021), La Nonne 2 (2023), Conjuring 4 (2025)
Chaves est l'homme sur lequel Warner Bros. a tout misé pour maintenir la franchise active après le départ de Wan vers d'autres projets. Son bilan est celui d'une progression constante : le premier film (La Malédiction) était anémique, le deuxième (Conjuring 3) était honnête, le troisième (La Nonne 2) était solide, et le quatrième (L'Heure du Jugement) est excellent. C'est la courbe d'un réalisateur qui apprend film après film, et qui a trouvé dans la conclusion de la saga l'opportunité de démontrer enfin tout son potentiel.
David F. Sandberg — Le Coup de Maître
Film : Annabelle 2 (2017)
Sandberg n'a réalisé qu'un seul film de la franchise — et c'est l'un des meilleurs. Sa carrière depuis (Shazam!, Shazam! La Rage des Dieux) a confirmé qu'Annabelle 2 n'était pas un accident. Il reste le seul réalisateur extérieur à James Wan à avoir produit un film vraiment marquant dans l'univers Conjuring.
Les Autres
John R. Leonetti (Annabelle) et Corin Hardy (La Nonne) ont tous deux livré des films décevants — des artisans compétents qui n'ont pas su trouver le ton juste pour l'univers qu'on leur confiait. Gary Dauberman (Annabelle 3) est plus à l'aise comme scénariste que comme réalisateur, même si son film est plaisant.
III. La Mythologie du Conjuring Universe
Les entités et leur hiérarchie
Le Conjuring Universe a construit au fil des films une véritable cosmologie démoniaque — une hiérarchie d'entités malveillantes avec leurs propres règles, leurs propres origines, leurs propres faiblesses.
Au sommet de cette hiérarchie trône Valak — la nonne démoniaque, entité ancienne liée à la Roumanie médiévale qui cherche à se manifester dans le monde des vivants via des hôtes humains. Sa puissance est telle qu'elle peut corrompre les objets (Annabelle), posséder des humains (Conjuring 3) et traverser les océans pour hanter les Warren.
Annabelle est moins une entité qu'un vecteur — une poupée utilisée comme "pont" par des esprits malveillants pour se connecter au monde réel. Son importance dans la franchise est inverse à sa puissance réelle : elle est l'objet le plus visible, mais sa menace s'explique toujours par des entités plus puissantes qui l'utilisent.
Les autres entités — la Llorona, le Crooked Man, les démons de la maison Perron — sont des manifestations locales sans connexion narrative directe avec Valak, mais qui participent à l'idée centrale de la franchise : le mal est partout, ancien, patient, et cherche toujours un point d'entrée dans le monde des vivants.
La maison de l'occulte des Warren
Un élément récurrent dans la franchise est le musée de l'occulte des Warren — une salle remplie d'objets maudits, de reliques démoniaques, de preuves matérielles de leurs enquêtes, dont la poupée Annabelle trône au centre dans une vitrine bénite. Ce musée est présenté comme un espace de confinement nécessaire — une façon de neutraliser le danger sans le détruire, ce qui est impossible.
Cet espace imaginaire est directement inspiré du vrai musée de l'occulte que les Warren tenaient chez eux au Connecticut — qui existe toujours, gardé par leur neveu, et qui est visitable sur rendez-vous. Le Conjuring Universe a eu l'intelligence de ne pas sacraliser ni démystifier ce musée, mais de le traiter comme un détail du monde qui dit tout sur la nature du couple Warren : des gens qui collectionnent le danger parce qu'ils se sentent la responsabilité de le protéger.
IV. L'Avenir de la Franchise : La Série HBO
Avec la conclusion de la Phase 1 en septembre 2025, le Conjuring Universe ne s'arrête pas pour autant. Warner Bros. et Max ont annoncé le développement d'une série HBO qui se situera après les événements des films principaux, produite par James Wan et Peter Safran (co-directeur de DC Studios depuis 2022, qui a produit l'ensemble de la franchise cinéma).
La showrunneuse sera Nancy Won, dont les crédits incluent Jessica Jones et Supernatural — deux séries qui ont chacune excellé dans l'horreur surnaturelle mâtinée de dimension humaine. Les scénaristes Peter Cameron et Cameron Squires, qui ont travaillé sur WandaVision et Agatha All Along, complètent l'équipe créative.
Le passage au format sériel représente à la fois une opportunité et un défi. L'opportunité : développer des personnages et des intrigues avec la profondeur que le format long permet, creuser la mythologie là où les films ont parfois été superficiels. Le défi : maintenir l'intensité et la cohérence sans la pression narrative qu'impose le format long métrage.
V. Bilan : Ce que la Saga Conjuring Nous Dit sur l'Horreur Grand Public
Le Conjuring Universe est le cas d'école parfait d'une chose paradoxale : une franchise qui a prouvé que l'horreur peut être grand public sans être vulgaire, populaire sans être creuse.
James Wan a réussi quelque chose que beaucoup considéraient comme impossible au début des années 2010 — créer un univers cinématographique interconnecté dans le genre horrifique, avec des personnages récurrents, une mythologie cohérente et un public fidèle qui revenait film après film. C'est un exploit qui, dans l'histoire du cinéma, n'avait jamais été réalisé à cette échelle dans le genre.
Les limites de la franchise sont réelles : quand Wan s'éloigne pour laisser d'autres réalisateurs aux commandes, la qualité fluctue. Les spin-offs ont souvent été décevants. La formule, répétée trop souvent, finit par s'éroder. Et la tendance à la surexplication des entités — leur donner des films entiers pour raconter leurs origines — a souvent détruit précisément ce qui les rendait terrifiantes dans les films principaux.
Mais la franchise a aussi prouvé que deux personnages suffisent à faire revenir le public à l'infini, à condition qu'ils soient portés par deux acteurs qui y croient vraiment. Patrick Wilson et Vera Farmiga ont donné à Ed et Lorraine Warren une consistance, une chaleur et une crédibilité qui transcendent largement les films dans lesquels ils jouent. Ce sont eux, plus que Valak ou Annabelle, qui sont le vrai cœur de la saga.
Récapitulatif du Classement
Rang | Film | Note |
|---|---|---|
🥇 1 | Conjuring 2 : Le Cas Enfield (2016) | ★★★★★ |
🥈 2 | Conjuring : Les Dossiers Warren (2013) | ★★★★½ |
🥉 3 | Conjuring : L'Heure du Jugement (2025) | ★★★★ |
4 | Annabelle 2 : La Création du Mal (2017) | ★★★½ |
5 | Conjuring 3 : Sous l'Emprise du Diable (2021) | ★★★ |
6 | La Nonne 2 (2023) | ★★★ |
7 | Annabelle : La Maison du Mal (2019) | ★★½ |
8 | La Nonne (2018) | ★★ |
9 | Annabelle (2014) | ★½ |
10 | La Malédiction de la Dame Blanche (2019) | ★½ |
Guide : Dans Quel Ordre Regarder ?
Pour une première découverte (les essentiels) : Conjuring 1 → Conjuring 2 → Conjuring 4
Pour l'intégrale par ordre de sortie : Conjuring 1 → Annabelle → Conjuring 2 → Annabelle 2 → La Nonne → La Dame Blanche → Annabelle 3 → Conjuring 3 → La Nonne 2 → Conjuring 4
Pour l'intégrale par ordre chronologique (l'histoire) : La Nonne (1952) → La Nonne 2 (1956) → Annabelle 2 (1955-1967) → Annabelle (1967-1969) → Conjuring 1 (1971) → La Dame Blanche (1973) → Conjuring 2 (1977) → Annabelle 3 (1972) → Conjuring 3 (1981) → Conjuring 4 (années 1980)
Pour les très pressés : Directement Conjuring 2. C'est le meilleur, il se suffit à lui-même.
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